Nouvelle rubrique : Pratiques Urbaines
 
 

A l’origine des multiples conflits qui nous agitent, on trouve infiniment plus souvent
des quiproquos, des malentendus, des préjugés et de l’ignorance, plutôt que de la perversité ou de la méchanceté pure.
Pour ce qui concerne nos préoccupations, je constate combien notre ignorance est grande et nos préjugés nombreux, lorsqu’il s’agit de comprendre notre alimentation et ses processus de production. Beaucoup d’entre nous, par exemple, se font une idée des agriculteurs bien souvent très éloignée de leur réalité. Et à l’inverse, beaucoup d’agriculteurs ont une représentation des consommateurs urbains, assez caricaturale : bobos, écolos, paranos…

TerrEthique a pour vocation de contribuer à la réflexion sur la façon dont l’humanité va pouvoir gérer durablement ses ressources alimentaires mondiales, dans la perspective de notre évolution démographique. Pour cela, il nous faut déjà partir du réel et partout où cela nous est possible, tenter de lever quelques préjugés et autres quiproquos.

C’est l’objectif de la nouvelle rubrique que nous avons confiée à Marine Legrand (Chargée de mission au Muséum National d'Histoire Naturelle).
Nous l’avons baptisée « Pratiques urbaines ».

Notre idée est de signaler et de décrire des initiatives prises par des urbains, dans le monde, qui témoignent directement ou indirectement d’un intérêt pour le vivant, l’agriculture et la production alimentaire.

Croyez-vous qu’un parisien, lorsqu’il plante des tomates « cerises » ou du romarin sur son balcon, soit tombé sur la tête, ou bien qu'il tente secrètement de monter un réseau de production alternatif ? Outre le fait qu’il pourra proposer quelques tomates de sa production à ses voisins ébahis lors d’un apéritif, il y a de forte chance qu’il soit plutôt en train d’apprendre à ses enfants comment pousse un végétal, comment une tomate passe du vert au rouge lorsqu’elle murit, ou comment l’eau s’avère aussi indispensable à un végétal qu’elle l’est à un être humain…Voila ce que nous voulons montrer à travers cette rubrique. Comment de plus en plus d’urbains se préoccupent, de façon parfois inattendue, de mieux comprendre le vivant et de réduire la distance qui s’établit naturellement, lorsqu’on habite de grandes métropoles, entre le consommateur, son alimentation, et les lieux, les techniques et les personnes qui assurent sa production.
Nous cheminons chacun à notre manière, il est enrichissant de le percevoir.

Comme il est bien plus réjouissant d’accepter que beaucoup d’autres que nous cherchent à comprendre, à leur manière, plutôt que de laisser croire que nous ferions partie de ce petit clan fermé, des rares qui auraient tout compris…

Patrice Lepage

 
   
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